Qui doit être certifié dans la chaîne
La certification qualité est exigée du prestataire qui conclut la convention avec le financeur. C'est lui qui accède aux fonds publics ou mutualisés, donc lui qui doit satisfaire au Référentiel National Qualité et se soumettre aux audits.
Le sous-traitant qui intervient pour son compte n'est pas soumis à cette obligation au titre de l'action portée. En revanche, il doit avoir déclaré son activité s'il conclut lui-même des conventions de formation, et l'organisme donneur d'ordre reste responsable devant l'auditeur de la qualification de l'intervenant qu'il a choisi.
L'exception à connaître : les actions financées par le CPF
Depuis le 1er avril 2024, l'encadrement de la sous-traitance sur le compte personnel de formation impose au sous-traitant d'être lui-même certifié lorsque l'action est financée par le CPF. Le principe général — c'est le donneur d'ordre qui porte la certification — continue de s'appliquer aux financements OPCO, entreprise et publics hors CPF.
Le contrôle remonte toujours au donneur d'ordre
Lors d'un audit, l'auditeur vérifie chez l'organisme certifié la traçabilité des actions sous-traitées : sélection de l'intervenant, transmission des objectifs, contrôle de la réalisation, recueil des évaluations.
Les obligations du donneur d'ordre
- Vérifier la vigilance de son sous-traitant : au-delà de 5 000 € HT, l'attestation de vigilance URSSAF doit être obtenue à la conclusion du contrat puis tous les six mois, en application des articles L.8222-1 et L.8222-2 du Code du travail.
- Documenter la sélection de l'intervenant au regard de sa compétence dans le domaine enseigné.
- Transmettre les objectifs, le public visé, les modalités d'évaluation, et récupérer les preuves de réalisation.
- Informer le client final du recours à la sous-traitance lorsque la convention le prévoit.
Le manquement à la vérification de vigilance expose le donneur d'ordre à la solidarité financière : il peut être tenu au paiement des cotisations dues par son sous-traitant. C'est la raison pour laquelle un organisme sérieux bloque un règlement plutôt que d'accepter une pièce périmée.
Les clauses qui comptent dans le contrat
- L'objet précis de la prestation sous-traitée : conception, animation, évaluation, ou l'ensemble.
- Le prix, l'échéance de règlement et son articulation avec l'encaissement du financement.
- La propriété intellectuelle des supports : cession, licence d'usage limitée à l'action, ou conservation par l'intervenant.
- La confidentialité et la non-sollicitation des clients, avec une durée et un périmètre raisonnables.
- Les conditions de résiliation et le sort des sessions déjà engagées.
Sous-traitance et cascade : la limite à ne pas franchir
Certains financeurs encadrent voire interdisent la sous-traitance en cascade, c'est-à-dire le fait pour un sous-traitant de sous-traiter à son tour. Les règles varient selon l'OPCO et le dispositif mobilisé : il faut les vérifier avant d'organiser un montage à plus de deux niveaux.
Dans tous les cas, la sous-traitance doit être réelle. Une facturation d'intermédiation sans prestation identifiable ne relève plus de la sous-traitance mais du prêt de main-d'œuvre, avec les risques que cela comporte.
Portage salarial formateur : les points à vérifier dans le contrat
- Le taux de frais de gestion et son assiette : sur le chiffre d'affaires hors taxes facturé, ou après déduction des frais professionnels ?
- Le traitement des frais professionnels : remboursés en plus du salaire, ou imputés sur votre compte d'activité ?
- La réserve financière constituée sur votre compte, et les conditions de son versement en fin de mission.
- La couverture en responsabilité civile professionnelle, indispensable pour intervenir en entreprise.
- Les conditions de rupture et le sort des missions en cours.
La comparaison entre sociétés de portage se fait sur le net perçu pour un même montant facturé, tous frais inclus. Les écarts d'affichage sont importants, les écarts réels le sont beaucoup moins.
Une question à poser systématiquement
« Êtes-vous déclarés comme prestataire d'actions de formation, et certifiés ? » Dans l'immense majorité des cas la réponse est non, et il faut alors prévoir un adossement séparé pour la partie financement.
