Le mécanisme en trois acteurs
Le portage salarial repose sur une relation triangulaire : vous négociez votre mission avec le client, la société de portage vous embauche en CDI ou CDD de mission et facture la prestation, puis vous verse un salaire après déduction des cotisations et de ses frais de gestion.
Vous êtes salarié : protection sociale du régime général, cotisation à l'assurance chômage, congés payés, mutuelle. Vous restez autonome sur la prospection et le contenu de vos missions.
Ce qu'il reste réellement sur 1 000 € facturés
| Poste | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Facturation HT au client | 1 000 € |
| Frais de gestion de la société de portage | 50 à 100 € |
| Cotisations patronales et salariales | 400 à 500 € |
| Salaire net avant impôt | environ 450 à 520 € |
L'écart avec une micro-entreprise est net : sur le même montant, un micro-entrepreneur en prestation de services conserve une part sensiblement plus élevée, en contrepartie d'une protection sociale plus faible et sans droits au chômage.
Le vrai arbitrage
Le portage salarial se paie en points de marge et s'achète en sécurité. Il devient rationnel quand l'activité est irrégulière, quand vous conservez un emploi salarié à côté, ou quand vous démarrez sans vouloir créer de structure.
Pourquoi le portage salarial ne règle pas la question Qualiopi
C'est la confusion la plus fréquente. La société de portage est un employeur, pas un organisme de formation. Sauf exception, elle n'est ni déclarée comme prestataire d'actions de formation ni certifiée : elle facture une prestation de services, pas une action de formation finançable.
Conséquence pratique : un client qui souhaite mobiliser son OPCO ne pourra pas le faire sur une facture de société de portage classique. Il faut alors soit un organisme certifié qui porte l'action, soit renoncer au financement mutualisé.
- Portage salarial : règle le statut, la protection sociale et la facturation.
- Adossement à un organisme certifié : règle l'accès aux financements et la conformité qualité.
- Les deux se cumulent parfois, mais ils ne se remplacent pas.
Quand le choisir, quand l'écarter
- À privilégier si vous testez l'activité, si vos revenus sont irréguliers, ou si vous tenez à conserver des droits au chômage.
- À écarter si votre chiffre d'affaires est significatif et régulier : le coût de structure devient difficile à justifier.
- À compléter systématiquement si vos clients financent par un OPCO : le portage salarial seul ne rend pas l'action éligible.
